Tactical ignoring

Ce matin j’ai repensé à cette technique sournoise bien connue et que tu mets sans doute en place de temps en temps sans nécessairement savoir comment on l’appelle… (Je traduis par « l’évitement tactique », je ne sais pas si on dit vraiment comme ça, j’ai appris l’expression quand j’étais prof en Angleterre).

Je parle bien sûr de ce moment où tu fais SEMBLANT de ne pas voir quelque chose, afin d’éviter le drama que cela entraînerait si tu signalais que tu as VU.

Tu fais semblant de ne pas voir qu’un élève fait une petite bêtise, pour ne pas avoir à le confronter ce qui entrainerait une scène (car souvent, quand il a fait sa bêtise, il est content de lui et ils se met au travail)(on ne dirait pas comme ça, mais c'est une véritable technique de gestion des élèves à problèmes), tu fais semblant de ne pas voir que ton gosse a pris quatre bonbons dans le paquet alors que la règle c’est deux, mais tu n'as pas la force de lui répéter encore une fois que nia nia nia les caries, tu fais semblant de ne pas voir que le teckel est encore sur le couvre-lit, mais tu laisses tomber parce qu'au moins il n’est pas en train de manger dans la gamelle du chat, tu vois ce que j’essaie de dire ?

Moi, ce matin dans le bus, j’ai fait semblant de ne pas voir que ma collègue était assise deux rangs derrière moi, plongée dans son bouquin, et je parie deux barres de Mars glacés et un petit coussin à pompons qu’elle aussi a fait semblant d’être trop passionnée par sa lecture pour me voir et comme ça on a évité toutes les deux de :

  • Lâcher notre bouquin/téléphone

  • Faire la conversation 

  • Gaspiller les précieuses dizaines de minutes de tranquillité solitaire que nous procurent les transports en commun avant d’aller passer 8 à 9h de boulot avec des gens.

Plus j’y pense plus je me dis que l’évitement tactique c’est le nec plus ultra de la civilisation humaine.

Et puis je repense à Chiquito le teckel. Dont les ancêtres sont sélectionnés génération après génération pour être des chasseurs hors pairs, des coureurs infatigable, des meurtriers aux dents tranchantes.

Et je le revois, quand on croise un animal sauvage dans la forêt, et qu’il fait brusquement semblant que les millions de cellules nasales surdéveloppées qui lui garantissent un odorat exceptionnel sont :

toutes

en

panne.

Et qu’il trace son chemin sans même tourner la tête.

Évitement tactique, le boss :


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